[Opus 01]

Quand j'y pense

comment rester jeune

⟣⟣ Comment retrouver ses premiers plaisirs ?
Ceux-là même qui ont commencé à remplir notre bilbliothèque de sensations.

Sacha m’a proposé de goûter aux joies et à l’ambiance d’un resto tendance pour faciliter ce retour aux sources. Un endroit où, après avoir mangé, tu peux digérer en agitant ta surcharge pondérale aux sons de musiques électro-flatulantes.

Mon dieu, la clientèle est très jeune. Je mange puis je rejoins la piste. J’essaye de croire qu’en me mêlant à leur sabbat rythmique je pourrais leur soutirer un peu de jouvance.
J’ai bien plus l’impression de griller mes télomères en imitant leur pantomine de jeunes écervelés.
Pour le retour aux sources, sortez la gourde !

La musique me remue. Sacha me toise. Moi ce que je vois me tétanise.

*

⟣⟣ Je les regarde. Leurs corps s’agitent sans peur, sans le poids des soucis.
Ils bougent libres, sans l’angoisse qui leste les gestes. Je me souviens avoir dansé comme ça, guillerette, fluide, avec le sourire délié. Les mains qui partent sans trajectoire définie, les yeux fermés sur le monde, les lèvres qui courent après la musique. Comme c’est loin !

⟣⟣ Je regarde Sacha, il semble consterné.
A mon visage, il a compris mon désaroi.

Sacha : Eh, ma courgette ! Je te sens crispée et sèche. On dirait une chips au milieu d’une salade de jeunes pousses. Détends toi !

Naïa : Non mais regarde moi ça. Qu’est-ce que je fous dans ce bassin de tétards ?

Sacha : ma grand-mère m’a dit un jour : la jeunesse c’est une fraction de folie. C’est la seule chose à trouver ici.
N’essaye même pas de revenir à leur stade. On ne redevient pas jeune, on le reste.

⟣⟣ Sacha se contorsionnait avec une fausse aisance, essayant de faire renaitre au forceps sa seconde  jeunesse. Je ne voulais pas, comme lui, faire croire à une pseudo complicité avec cette ambiance qui, bien que résolumment jeune et insouciante, n’avait rien d’authentique.

Je lui glissais à l’oreille entre deux salves de percussions lourdes :

Naïa : Je ne sais plus si je suis ici pour ne plus être adulte ou bien simplement pour me débarasser d’une couche de poussière.

Sacha : Dis-toi que tu as la chance d’avoir un âge qui te permet d’être unique. Regarde-les : on dirait des clones. Ils pataugent en pleine puberté sociale.

⟣⟣ C’est vrai, malgré tous les efforts qu’ils faisaient pour se distinguer, ils se ressemblaient tous. Ces jeunes sont là à essayer assez laborieusement de se mettre en scène et ça parasite en grande partie leur plaisir.

Nom d’une truelle ! Je me suis trouvée bien d’un coup à l’idée d’être propriétaire de ma personne. Pas meilleure impression pour profiter du son et des vibrations.

Matière à réflexions

A quoi se voit la jeunesse ?
L'oisiveté doit-elle rester l'apanage des jeunes ?
Chaque jour, donner un coup de jeune à son expérience de la vie.
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Les mots de ChtrouB

perroquet qui parle

« Quand je vois certains vieux je me demande si la jeunesse est vraiment un mal nécessaire. »

La citation

“Après tout, il faut avoir une jeunesse. L’âge où l’on se décide à être jeune importe peu…”
Henri Duvernois.

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